Aller au contenu
Menu

La dactylographie à l’école, une séance qui tient en trente minutes

Publié : · Mis à jour : · 7 min temps de lecture

Une salle informatique de collège mélange souvent trois cartes de clavier, l’AZERTY français, l’AZERTY belge et un QWERTY resté sur une machine réinstallée, et cette seule différence suffit à faire échouer une séance préparée sur un autre poste. Régler la question des dispositions avant de parler de doigts est donc la première étape, et elle prend cinq minutes.

Pourquoi consacrer du temps de classe à la frappe ?

Parce que chercher une touche et construire une phrase mobilisent la même attention. Tant que la recherche occupe l’élève, la phrase attend, et le texte produit reste plus pauvre que ce que l’élève sait dire à l’oral.

L’inverse se constate aussi bien. Quand la localisation des touches devient automatique, l’attention passe au contenu, à la relecture et à la mise en forme. La frappe n’est donc pas une matière de plus, c’est un outil pour toutes les autres, du récit d’expérience à la rédaction.

Une remarque évite un malentendu fréquent : apprendre le clavier ne remplace pas l’écriture manuscrite, qui travaille autre chose. Les deux gestes cohabitent sans se gêner, et un élève à l’aise sur les deux choisit selon la tâche.

Publicité

À quoi ressemble une séance de trente minutes ?

Le découpage suivant se tient d’un bout à l’autre de l’année, avec un seul changement par séance.

MinutesCe qu’on faitCe qu’on ne fait pas
0 à 5reprise de la position, ergots du F et du J, épaules bassescorriger la vitesse
5 à 15une seule nouveauté : une paire de touches, une majuscule ou un signeen introduire deux
15 à 25texte suivi recopié à l’écran, sans consigne de vitessechronométrer
25 à 30lecture à voix haute et discussion du texte lui-mêmenoter le nombre de mots

Le dernier quart d’heure fait tout l’intérêt du dispositif. Le texte recopié devient un objet de cours : on demande qui l’a écrit, quand, ce que le mot difficile veut dire. La séance sert alors deux programmes à la fois, et les élèves cessent de la vivre comme un exercice mécanique.

Que faire quand les claviers ne sont pas les mêmes ?

Trois habitudes suffisent à absorber les différences de matériel.

D’abord, faites décrire la rangée des chiffres à voix haute par deux élèves de deux postes différents. Les écarts apparaissent immédiatement, et la classe comprend que la disposition est une convention, pas une propriété de l’ordinateur. Le test du clavier sert ici de vérification commune : chaque appui s’affiche, donc chacun voit ce que sa machine envoie réellement.

Ensuite, formulez les consignes par position plutôt que par caractère imprimé.

FormulationFonctionne surPourquoi
« auriculaire gauche, rangée du haut »toutes les carteselle décrit une position physique
« index droit, rangée du bas »toutes les carteselle décrit une position physique
« la touche à côté du é »l’AZERTY français seulementelle décrit un caractère imprimé
« la touche du point »aucune, sans préciser Majsur AZERTY, le point demande Maj

Enfin, gardez les comparaisons pour un moment choisi. Le convertisseur AZERTY vers QWERTY montre en une manipulation ce que devient un texte quand les doigts gardent leurs positions et que la carte change, ce qui transforme un incident technique en dix minutes de cours utiles.

Publicité

Comment évaluer sans chronomètre ?

La vitesse ne se note pas : elle dépend de l’âge, de la taille des mains et du matériel autant que du travail. Ce qui s’observe et se dit à l’élève tient en trois points : la position tenue jusqu’à la fin de la séance, la justesse du texte remis, la régularité de la présence sur le poste.

Un texte propre à la première frappe vaut plus qu’un texte rapide relu trois fois, et cette règle se comprend très bien en classe, parce qu’elle correspond à ce que l’élève constate lui-même. Les unités de mesure, si la question vient, sont expliquées dans mots par minute, et le repère par taille de main dans apprendre le clavier aux enfants.

Pourquoi des textes du domaine public ?

Un texte du domaine public se projette, s’imprime et se distribue sans autorisation ni licence à acheter, ce qui règle la question juridique dès le départ. Il apporte aussi ce qu’un générateur de mots aléatoires ne donnera jamais : un auteur, une date, une histoire à discuter.

Notre bibliothèque de textes est construite pour cet usage. Chaque extrait tient entre trois et cinq lignes, porte le nom de son auteur, son année et sa source, et se range dans une catégorie : fables, poésie, théâtre, prose, textes de loi, discours, science et exercices. Un professeur choisit donc par thème et par longueur, et un élève qui termine trouve seul le suivant, ce qui occupe utilement les cinq dernières minutes.

Publicité

Quand une séance de frappe n’a pas sa place

Si la salle ne permet pas à chaque élève d’avoir un poste, la séance ne fonctionne pas. À deux par machine, l’un tape et l’autre commente, et celui qui commente n’apprend rien du tout : mieux vaut alors une demi-classe en alternance qu’une classe entière frustrée.

Si les élèves n’ont pas encore de raison d’écrire au clavier, l’exercice reste abstrait. La frappe s’installe quand elle sert à rendre un travail, pas quand elle est un objectif en soi, et une séance isolée en début d’année sans suite pendant trois mois ne laisse aucune trace.

Et si les postes sont trop lents ou les sessions trop longues à ouvrir, la séance de trente minutes se réduit à dix. Dans ce cas, autant faire du clavier à la maison et garder le temps de salle pour ce qui exige la salle.

Pour qui, et par quoi commencer

Oui, cette séance vaut le temps qu’elle prend si les élèves rendent déjà des travaux tapés, ou vont le faire dans l’année. Le retour se voit sur la longueur et la qualité des textes rendus, pas sur un chiffre.

Non, ne montez pas de progression annuelle si vous n’avez qu’un accès ponctuel à la salle. Trois séances éparpillées coûtent du temps et ne construisent aucun automatisme.

Par quoi commencer : la première séance sur la rangée de repos et sur rien d’autre, avec les huit doigts posés et le test du clavier ouvert pour que chacun voie ce que sa machine envoie. La question des dispositions se règle ce jour-là, et plus jamais ensuite.

Publicité

FAQ

Combien de temps dure une séance de dactylographie en classe ?

Trente minutes, découpées en quatre temps : cinq de position, dix sur une seule nouveauté, dix de texte suivi, cinq de lecture à voix haute. Au-delà, la fatigue installe des gestes que la séance suivante devra défaire.

Comment donner une consigne valable sur tous les claviers de la salle ?

En nommant le doigt et la rangée, jamais le caractère imprimé. « Auriculaire gauche, rangée du haut » fonctionne sur un AZERTY français, un AZERTY belge et un QWERTY ; « la touche à côté du é » ne fonctionne que sur le premier.

Faut-il noter la vitesse de frappe des élèves ?

Non. Elle dépend de la taille des mains, de l’âge et du matériel autant que du travail fourni. Ce qui s’évalue est la position tenue, la justesse du texte remis et la régularité.

Quels textes utiliser en classe sans problème de droits ?

Ceux du domaine public : la protection a expiré, donc ils se projettent, s’impriment et se distribuent librement. Ils ont en plus un auteur et une date, ce qui donne matière à discussion après la frappe.

Apprendre le clavier nuit-il à l’écriture manuscrite ?

Non, les deux gestes travaillent des choses différentes et cohabitent. Un élève à l’aise sur les deux choisit selon la tâche, et l’écriture à la main reste demandée bien après que la frappe est acquise.

Un texte pour ouvrir l’année

Pour ouvrir l’année, la lettre aux instituteurs que Jules Ferry adresse en 1883 aux maîtres d’école place l’apprentissage de la lecture et de l’écriture à côté des règles élémentaires de la vie morale : quarante-cinq mots, une phrase longue et bien construite, et un texte qui parle exactement de ce que la classe est en train de faire.

Choisir un texte

Publicité

Plus sur le blog

Ce que vous pouvez faire ici

Test de clavier

Appuyez sur une touche et regardez-la s’allumer. Montre les touches muettes, les touches qui répondent deux fois et le nombre de touches reconnues ensemble.

Tester le clavier

Tapez des textes qui comptent

Cent courts extraits, de La Fontaine à Jules Verne. Vous en tapez un et vous découvrez d’où il vient et ce qu’il raconte.

Choisir un texte