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Poésie

Soleil couchant

José-Maria de Heredia publié en 1893 500 caractères moyen

Les ajoncs éclatants, parure du granit, Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ; Au loin, brillante encor par sa barre d’écume, La mer sans fin commence où la terre finit. À mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume ; Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume, À la vaste rumeur de l’Océan s’unit. Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes, Des landes, des ravins, montent des voix lointaines De pâtres attardés ramenant le bétail.

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À propos de ce texte

Le sonnet fait partie de la section La Mer de Bretagne, à la fin des Trophées. Heredia passait ses étés dans le Finistère et connaissait bien ces landes de granit couvertes d’ajoncs. Le vers La mer sans fin commence où la terre finit compte parmi les plus cités du recueil. Le livre a été publié chez Alphonse Lemerre en 1893. Wikisource en propose le texte.

D’où vient ce texteLe fragment tient sur onze vers, quatre phrases et deux mouvements. Le premier regarde la lande et la mer au couchant, le second écoute, la nuit venue, les voix qui montent des ravins. Deux noms communs prennent ici la majuscule, Angélus et Océan, collés chacun à leur article par une apostrophe. La copie s’arrête au onzième vers, donc avant les trois derniers du sonnet, et le lecteur ne verra pas la chute. L’édition suivie sépare le point-virgule du mot par une espace, usage constant dans tout le recueil.

Ce qui passe inaperçuLe seul u accentué du passage se cache dans le mot où, au quatrième vers. La disposition française lui accorde une touche entière, juste à droite du m, alors que cette lettre ne sert presque nulle part ailleurs dans la langue. Source

Ce qu’il travailleQuatorze virgules contre quatre points, la phrase s’étire donc sur deux ou trois vers avant de se refermer, et il faut lire loin devant pour savoir où souffler. Huit élisions marquées par l’apostrophe, dont l’âpre au deuxième vers qui enchaîne aussitôt un circonflexe. Le total des signes accentués atteint seize, douze pris d’une seule frappe et quatre composés en deux temps, deux â et deux î. Deux À majuscules ouvrent chacun leur vers, au cinquième et au huitième. Deux lignes blanches découpent le passage en blocs de quatre, quatre et trois vers. Cinq cents signes, quatre-vingt-neuf mots, onze lignes, une moyenne de quarante-quatre caractères par vers, ce qui en fait l’un des passages les plus longs à tenir sans reprise.

Plus sur ce texteComment un poète né à Cuba est entré à l’Académie avec un seul recueil

Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Vignette du texte Soleil couchant de José-Maria de Heredia, 1893
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Statut du domaine public : publié en 1893, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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