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Prose

Mémoires d’outre-tombe, la maison de Plancoët

François-René de Chateaubriand publié en 1849 478 caractères moyen

Ma grand’mère occupait, dans la rue du Hameau-de-l’Abbaye, une maison dont les jardins descendaient en terrasse sur un vallon, au fond duquel on trouvait une fontaine entourée de saules. Madame de Bedée ne marchait plus, mais à cela près, elle n’avait aucun des inconvénients de son âge : c’était une agréable vieille, grasse, blanche, propre, l’air grand, les manières belles et nobles, portant des robes à plis à l’antique et une coiffe noire de dentelle, nouée sous le menton.

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À propos de ce texte

Chateaubriand a passé une partie de sa petite enfance à Plancoët, chez sa grand-mère maternelle, madame de Bedée. Les Mémoires d’outre-tombe ont été écrits par étapes à partir de 1809 et publiés en 1849 et 1850, après la mort de l’auteur. Le livre mêle souvenirs de famille, voyages et histoire du siècle. Chateaubriand avait exigé que rien ne paraisse de son vivant. Les tomes sont accessibles sur Project Gutenberg.

D’où vient ce texteLe passage appartient au premier livre des Mémoires, là où le récit revient sur les étés de Plancoët. Deux phrases suffisent. La première installe le décor, un vallon, des terrasses et une fontaine bordée de saules. La seconde donne le portrait de la vieille dame assise. Le fichier texte numéro 18864 sert de référence pour la copie, et il conserve la graphie ancienne grand’mère, avec une apostrophe là où l’usage actuel met un trait d’union. Le nom de rue garde sa capitale à Hameau comme à Abbaye. On recopie donc l’orthographe imprimée sans la corriger.

Ce qui passe inaperçuSur les six apostrophes du passage, cinq marquent une élision ordinaire. La sixième, celle de grand’mère, tient la place du trait d’union que l’orthographe d’aujourd’hui emploie dans ce mot composé. Source

Ce qu’il travailleDeux phrases pour soixante-dix-huit mots, donc une copie qui se joue sur la longueur et jamais sur la pointe de vitesse. Les six apostrophes tombent toutes au milieu d’un mot, sans espace ni avant ni après, et la main gauche doit y revenir sans casser la cadence. Le nom Hameau-de-l’Abbaye réunit dix-huit signes, deux traits d’union, une apostrophe et deux capitales. Côté accents, douze signes se prennent sur une touche à eux dans la disposition française, et un seul, le â de âge, réclame le circonflexe avant la voyelle. La lettre a revient trente-sept fois, à l’emplacement précis où une disposition QWERTY loge le q. Douze virgules découpent enfin le portrait en touches successives, soit une pause tous les six mots ou presque.

Sur notre blogApprendre la dactylographie, méthode et repères concrets

Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Homme au chapeau sombre, veste claire et foulard roux, tourné vers le spectateur, autoportrait, Jean-Baptiste Camille Corot, 1835.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1849, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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