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Poésie

Le Récif de corail

José-Maria de Heredia publié en 1893 478 caractères difficile

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore, Éclaire la forêt des coraux abyssins Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins, La bête épanouie et la vivante flore. Et tout ce que le sel ou l’iode colore, Mousse, algue chevelue, anémones, oursins, Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins, Le fond vermiculé du pâle madrépore. De sa splendide écaille éteignant les émaux, Un grand poisson navigue à travers les rameaux ; Dans l’ombre transparente indolemment il rôde ;

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À propos de ce texte

Le sonnet appartient aux Trophées, unique recueil publié par Heredia, en 1893. Le poète est né à Cuba en 1842 et écrivait en français, langue de sa formation. Les Trophées rangent les sonnets par époques et par régions, du monde grec aux Antilles. Heredia est entré à l’Académie française en 1894, un an après ce livre. Wikisource donne le sonnet en entier.

D’où vient ce texteOnze vers sur les quatorze du sonnet, donc les deux quatrains entiers et le début du premier tercet. Le décor est sous-marin et le vocabulaire vient de l’histoire naturelle, madrépore, anémones, oursins, algue chevelue. Rien n’est raconté, tout est décrit, et le seul être vivant identifiable n’arrive qu’au dixième vers, sous la forme d’un grand poisson. Le deuxième vers s’ouvre sur un E majuscule portant un accent aigu, dans Éclaire, seule capitale accentuée du morceau. La transcription laisse une espace avant chacun des deux points-virgules et n’emploie aucun guillemet, puisque personne ne parle.

Ce qui passe inaperçuQuatre mots dépassent dix lettres, transparente, indolemment, mystérieuse et profondeurs, et le plus long en compte douze. Le fragment ne contient en revanche aucun nom propre, ni de lieu ni de personne. Source

Ce qu’il travailleDouze virgules pour trois phrases, c’est un découpage qui relance sans cesse, et la main ne rencontre un point qu’aux vers quatre et huit. Le compte des signes accentués monte à seize, onze ayant leur touche propre sur la disposition française et cinq passant par le circonflexe frappé avant la voyelle, trois ê, un â et un ô. La capitale accentuée de la deuxième ligne ajoute par-dessus la touche Majuscule. Deux apostrophes seulement viennent alléger l’ensemble. Quatre cent soixante-dix-huit signes pour soixante-dix-huit mots, la moyenne par mot grimpe à cinq lettres pleines, et chaque vers se tape donc en entier avant le retour à la ligne.

Plus sur ce texteComment un poète né à Cuba est entré à l’Académie avec un seul recueil

Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Femme en robe bleue et chapeau dans un jardin d’été aux massifs fleuris, Camille Monet dans le jardin d’Argenteuil, Claude Monet, 1876.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1893, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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