Comment se mesure une vitesse de frappe
Dans un test de frappe, un mot vaut exactement cinq caractères, espace comprise, si bien que 250 CPM valent 50 mots par minute, et le chronomètre part à la première touche appuyée, pas au chargement de la page. Ces deux conventions expliquent la plupart des écarts entre deux résultats obtenus sur le même texte, et elles se vérifient avant de comparer quoi que ce soit.
Le départ du chronomètre
Un test qui démarre au chargement de la page mesure aussi le temps de lecture et le temps de poser les mains. Chez nous, le compte commence à la première frappe et le texte reste lisible avant, ce qui laisse le temps de s'installer.
La fin obéit à la même logique. Un test en durée fixe s'arrête au bout des secondes annoncées, un test sur texte complet s'arrête à la dernière frappe. Les deux formats donnent des chiffres différents et aucun n'est plus juste que l'autre.
Le mot de cinq caractères
Compter les vrais mots rendrait chaque résultat dépendant du vocabulaire du texte. Taper « il va au bout du quai » fait six mots courts, taper « administration » en fait un long, pour un nombre de frappes comparable. La convention de cinq caractères supprime cette différence.
La conséquence surprend souvent: un texte rempli de mots longs ne fait baisser aucun score, puisqu'un mot de quinze lettres compte pour trois. Ce qui fait baisser un score, ce sont les majuscules, la ponctuation, les chiffres et les accents, parce que chaque modificateur coûte du temps sans ajouter de caractère.
Score brut et score net
Le score brut est une division: nombre de caractères tapés, divisé par cinq, divisé par le nombre de minutes. Mille cinq cents caractères en cinq minutes donnent soixante mots par minute en brut.
Le score net retire les fautes. La formule courante enlève un mot au score brut par erreur laissée en place, puis divise de nouveau par le temps, si bien qu'un test de cinq minutes avec dix fautes non corrigées perd deux mots par minute. C'est la raison pour laquelle un même exercice donne un chiffre plus bas ici que sur une page qui affiche le brut et l'appelle votre vitesse.
Ce que fait le retour arrière
Une correction n'est pas une faute, et c'est là que les tests divergent le plus. Le caractère effacé puis retapé consomme des frappes et du temps: il pèse sur le score par le chronomètre, pas par le compteur d'erreurs.
Trois traitements coexistent selon les sites.
- La correction est autorisée et ne compte pas comme faute. Le score net reste haut, le temps monte, et le résultat récompense la précision immédiate autant que la vitesse.
- La correction est autorisée mais la faute initiale reste comptée. Les scores sont plus bas et l'écart entre brut et net devient large.
- Le retour arrière est bloqué. Le résultat mesure la frappe au premier essai, ce qui est plus dur et beaucoup plus stable d'une session à l'autre.
Une conséquence pratique en découle: un tempo élevé à 88 pour cent de précision est plus lent en travail réel qu'un tempo modéré à 99 pour cent, parce que le document reste à corriger après.
Pourquoi deux sites donnent deux chiffres
Le même texte, la même personne, deux résultats: cinq causes suffisent à tout expliquer.
- Le brut affiché d'un côté, le net de l'autre.
- Le traitement du retour arrière, selon les trois cas ci dessus.
- La difficulté du texte. Un extrait en orthographe ancienne ou en vocabulaire rare se lit plus lentement, et la lecture fait partie de la frappe.
- La durée. Quinze secondes récompensent un démarrage sur des mots familiers, soixante secondes font apparaître la reprise après une faute et le moment où l'attention glisse.
- Les unités. Un chiffre en caractères par minute vaut cinq fois le même chiffre en mots par minute.
Sur ce dernier point, l'arithmétique est simple et utile: 250 CPM valent 50 MPM, et un CPM multiplié par soixante donne le KPH des annonces de saisie, où 10 000 KPH équivalent à environ 167 caractères par minute, soit 33 MPM. Le mot de cinq caractères et les paliers de progression sont traités à part.
À quoi servent les trois durées
Quinze secondes servent à comparer avec d'autres résultats de quinze secondes, jamais avec vos propres soixante secondes. C'est un format de pointe, pas un tempo de travail.
Trente secondes donnent le meilleur compromis pour suivre une progression: assez long pour inclure une faute et sa reprise, assez court pour être refait sans y penser. Soixante secondes s'approchent d'une vitesse soutenable et font apparaître la baisse d'attention.
La seule comparaison qui a du sens est celle d'un même format avec lui même. Le test de frappe propose les trois durées et un mode sans mesure, pour les jours où recopier un texte suffit.
Quand ce n'est pas vous, mais le clavier
Une faute qui revient toujours sur la même touche n'est pas forcément un défaut de doigt. Un contact encrassé produit un caractère doublé ou absent, ce que le test du clavier montre en séparant la position physique détectée du caractère annoncé par le système. Les erreurs de frappe courantes couvrent le reste, du regard baissé au siège mal réglé.
Pour voir ce que la difficulté d'un texte fait à un chiffre, un tableau vaut mieux qu'une explication. Le Tour du monde, l'itinéraire en quatre-vingts jours, page de Jules Verne parue en 1873, aligne huit étapes avec des noms de villes en majuscules et un nombre de jours par ligne: le même exercice tapé ensuite sur une fable montre l'écart, à compétence identique.