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Poésie

Ode à l’alouette

Pierre de Ronsard publié en 1554 412 caractères facile

T’oseroit bien quelque Poëte Nier des vers, douce Alouëte ? Quant à moy, je ne l’oserois : Je veux célébrer ton ramage Sur tous oiseaux qui sont en cage. Et sur tous ceux qui sont es bois. Qu’il te fait bon ouyr ! à l’heure Que le bouvier les champs labeure Quand la terre le Printemps sent. Oui plus de ta chanson est gaye. Que courroucée de la playe. Du soc, qui l’estomac luy fend. Si tost que tu es arrosée

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À propos de ce texte

Ronsard consacre cette ode à l’alouette, oiseau qu’il suit du sillon jusqu’au ciel. Le texte est donné ici d’après l’édition Vaganay des Œuvres complètes, publiée chez Garnier en 1923. La graphie conserve le tréma de « Alouëte » et les formes verbales anciennes. Ronsard est devenu poète officiel de la cour sous Charles IX. Wikisource propose la page entière.

D’où vient ce texteTreize vers en deux mouvements, l’un adressé à l’oiseau, l’autre au laboureur qui l’entend chanter, avec deux lignes blanches qui découpent le morceau en trois blocs inégaux. Le fragment se répartit en neuf phrases, ce qui est beaucoup pour si peu de lignes, et plusieurs d’entre elles tiennent en un seul vers. La graphie du seizième siècle met un y là où le français moderne écrit un i, dans ouyr, luy, playe et gaye, quatre mots où la main se trompe presque à coup sûr. Le mot Printemps porte une capitale au neuvième vers, comme s’il désignait quelqu’un.

Ce qui passe inaperçuLe tréma apparaît deux fois dans le fragment, sur deux mots qui riment ensemble aux deux premiers vers, Poëte et Alouëte. Ni l’un ni l’autre ne s’écrit ainsi aujourd’hui. Source

Ce qu’il travailleNeuf phrases pour quatre-vingt-un mots, la moyenne tombe à neuf mots par phrase, et les six points obligent à autant d’appuis sur la touche Majuscule, geste que la disposition française n’exige ni pour le deux-points ni pour le point d’exclamation présents ici. Huit signes accentués se partagent en deux groupes très inégaux, six pris sur une touche unique, quatre aigus et deux à, contre deux signes composés en deux frappes, la touche d’abord puis la voyelle. Cinq apostrophes, dont deux ouvrent une ligne. Le mot le plus long aligne dix signes et se termine par un accent suivi d’une lettre muette. Trois virgules seulement, ce qui laisse les vers avancer sans coupure interne et rend la relecture plus difficile que la frappe.

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Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Vignette du texte Ode à l’alouette de Pierre de Ronsard, 1554
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Statut du domaine public : publié en 1554, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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