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Poésie

À la fontaine Bellerie

Pierre de Ronsard publié en 1550 376 caractères facile

O Fontaine Bellerie, Belle fontaine cherie De noz Nymphes, quand ton eau Les cache au creux de ta source Fuyantes le Satyreau, Qui les pourchasse à la course Jusqu’au bord de ton ruisseau, Tu es la Nymphe eternelle De ma terre paternelle : Pource en ce pré verdelet Voy ton Poëte qui t’orne D’un petit chevreau de laict, A qui l’une et l’autre corne Sortent du front nouvelet.

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À propos de ce texte

La fontaine Bellerie se trouvait sur les terres familiales du Vendômois, près de la Possonnière. Ronsard en fait une divinité locale et l’appelle nymphe de sa terre paternelle. L’ode paraît dans le recueil des Odes, publié en 1550, qui devait imiter Pindare et Horace en français. Ronsard avait vingt-cinq ans à la parution des Odes. La page se trouve sur Wikisource.

D’où vient ce texteQuatorze vers adressés à une source qui coulait sur les terres de famille du poète. L’orthographe du seizième siècle se lit partout, noz pour nos, laict pour lait, cherie et eternelle sans le moindre accent là où le français moderne en pose un. Plusieurs capitales tombent au milieu d’une ligne, sur Fontaine, Nymphes, Satyreau, Nymphe et Poëte, tous traités comme des noms de personnes. Le tréma de Poëte appartient à cette graphie ancienne, où il sépare deux voyelles que l’on prononce l’une après l’autre. Le mot Nymphe paraît deux fois, d’abord au pluriel puis au singulier.

Ce qui passe inaperçuUn point unique, tout à la fin, et rien avant lui. Soixante-huit mots s’enchaînent donc sans la moindre ponctuation forte, articulés par un simple deux-points au neuvième vers et par cinq virgules. Source

Ce qu’il travailleQuatorze lignes de vingt-six signes en moyenne, avec un retour au bord gauche tous les cinq mots. Vingt capitales pour soixante-huit mots, presque une majuscule tous les trois mots, et la moitié d’entre elles n’est annoncée par aucune ponctuation, ce qui empêche la main de les anticiper. Les accents, eux, sont presque absents, un à, un e aigu et le tréma du onzième vers qui se compose en deux frappes, signe d’abord puis voyelle. Cinq apostrophes, toutes internes au mot. Aucun chiffre, aucune parenthèse, aucun guillemet. La vraie difficulté vient donc de l’orthographe elle-même, car il faut reproduire des formes que le français a effacées depuis, sans corriger ce que la mémoire voudrait rétablir.

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Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Homme d’âge mûr en toque et robe noires, de trois quarts sur un fond bleu uni, Guillaume Budé, Jean Clouet, 1536.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1550, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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