Pourquoi la République a compté les années depuis l’équinoxe
L’an I de la République commence le 22 septembre 1792, jour où le soleil est arrivé à l’équinoxe vrai d’automne à neuf heures dix-huit minutes trente secondes du matin pour l’observatoire de Paris. La Convention nationale a fait imprimer une instruction pour expliquer ce choix, et le passage central de ce fascicule tient en deux phrases.
Le 22 septembre ce décret fut proclamé dans Paris ; ce jour fut décrété le premier de la République ; et ce même jour, à neuf heures dix-huit minutes trente secondes du matin le soleil arriva à l’équinoxe vrai d’automne, en entrant dans le signe de la Balance. Ainsi l’égalité des jours aux nuits étoit marquée dans le ciel, au moment même où l’égalité civile et morale étoit proclamée par les représentans du peuple français comme le fondement sacré de son nouveau gouvernement.
Convention nationale, Instruction sur l’ère de la République et sur la division de l’année, 1793.
D’où vient ce texte ?
Le 22 septembre 1792, au lendemain de l’abolition de la royauté, les conventionnels décident que les actes publics porteront désormais la mention de l’an I de la République. Un an plus tard, la Convention va plus loin : elle abolit le calendrier grégorien par le décret du 5 octobre 1793 et arrête la version définitive du calendrier républicain par celui du 24 novembre 1793.
Deux hommes se partagent le travail. Charles-Gilbert Romme, mathématicien et député, établit la base scientifique du système. Le poète Fabre d’Églantine invente les noms des douze mois, ceux que l’on connaît encore, vendémiaire, brumaire, frimaire et les suivants. L’instruction que vous recopiez accompagne ce calendrier : c’est le fascicule officiel qui explique au lecteur pourquoi l’année de la République commence un jour d’équinoxe et non le 1er janvier.
Que dit exactement ce passage ?
Il enchaîne trois informations en une seule phrase. Le décret est proclamé dans Paris le 22 septembre, ce jour devient le premier de la République, et le même jour le soleil atteint l’équinoxe d’automne en entrant dans le signe de la Balance. La seconde phrase donne la raison de tout le montage : à l’équinoxe, la durée du jour égale celle de la nuit, et cette égalité observée dans le ciel sert d’image à l’égalité civile proclamée le même matin.
L’expression « équinoxe vrai » n’est pas décorative. Elle désigne l’instant réellement observé depuis l’observatoire de Paris, et non une moyenne calculée : le décret lie donc chaque nouvelle année républicaine à une observation astronomique faite à un endroit précis.
Qu’est-ce qui ne saute pas aux yeux ?
D’abord l’heure. Le texte donne l’instant de l’équinoxe à la seconde près, neuf heures dix-huit minutes trente secondes du matin, toujours pour l’observatoire de Paris. Peu de textes fondateurs contiennent une donnée aussi fine, et c’est ce détail qui rend le passage intéressant à recopier.
Ensuite la forme de l’année. Le calendrier républicain compte douze mois de trente jours, soit trois cent soixante jours, suivis de cinq jours complémentaires appelés aussi sans-culottides, six les années sextiles. Chaque mois se divise en trois décades de dix jours, dont les noms vont de primidi à décadi. La Convention a même prévu un jour décimal de dix heures, chaque heure valant cent minutes et chaque minute cent secondes.
Enfin la durée réelle de l’expérience. Ce calendrier a cessé d’être en vigueur le 1er janvier 1806, soit le 11 nivôse an XIV. L’orthographe du fascicule le date tout autant que son contenu : on y lit « étoit » et « représentans », formes courantes dans l’imprimerie de 1793.
Qu’est-ce que vous travaillez en recopiant ce texte ?
Le passage fait 479 caractères, niveau moyen, et il concentre trois difficultés utiles.
- Les nombres écrits en toutes lettres. « Neuf heures dix-huit minutes trente secondes » ne demande pas la rangée des chiffres, mais une suite de mots courts que l’œil lit vite et que la main tape trop vite : c’est le passage où les doigts partent en avance.
- Les terminaisons anciennes. « Étoit » et « représentans » obligent à taper ce qui est écrit au lieu de suivre l’habitude moderne, et cette résistance est exactement ce qui fait progresser la lecture au fil de la frappe.
- La ponctuation française. Le point-virgule prend une espace avant lui, ce qui casse le rythme si vous n’avez pas l’habitude, et les accents é, è et à se trouvent en accès direct sur un AZERTY, comme l’explique la page sur les accents au clavier.
Si un accent sort à la mauvaise place, la disposition chargée par le système n’est pas forcément celle que vous croyez : le test du clavier affiche la position physique de la touche à côté du caractère annoncé.
| Fiche du texte | Donnée |
|---|---|
| Auteur | Convention nationale |
| Année | 1793 |
| Forme | instruction officielle imprimée |
| Édition source | fascicule imprimé par ordre de la Convention nationale |
| Caractères | 479 |
| Niveau | moyen |
| Ce que ça travaille | dates, heures écrites en lettres, orthographe ancienne en oit |
FAQ
Pourquoi l’année républicaine commençait-elle le 22 septembre ?
Parce que ce jour réunissait deux événements : la proclamation du décret faisant du 22 septembre 1792 le premier jour de la République, et l’arrivée du soleil à l’équinoxe vrai d’automne le même matin. L’égalité du jour et de la nuit servait d’image à l’égalité civile.
Le calendrier républicain est-il encore en vigueur ?
Non. Il a cessé d’être appliqué le 1er janvier 1806, qui correspond au 11 nivôse an XIV, et le calendrier grégorien a repris sa place.
Qui a inventé les noms des mois républicains ?
Le poète et député Fabre d’Églantine. La base scientifique du calendrier, elle, revient à Charles-Gilbert Romme.
Combien de temps prend la copie de ce passage ?
Le texte compte 479 caractères. À 200 caractères par minute, soit environ 40 mots par minute, la copie demande à peu près deux minutes et demie.
Pourquoi le texte écrit-il « étoit » et non « était » ?
Parce que le fascicule reproduit l’orthographe de son époque. Nous ne corrigeons pas les textes du corpus : la graphie ancienne fait partie du document et de l’exercice.
Par où continuer ?
Le plus simple est de commencer par le passage lui-même : l’instruction sur l’ère de la République se recopie en quelques minutes et donne d’emblée le ton administratif de 1793.
Trois textes prolongent celui-ci sans répéter la même difficulté. Les principes de la Constitution de 1848 alignent des chiffres romains isolés et des majuscules. L’effet des lois dans le Code civil de 1804 fait alterner numéros d’articles et phrases sèches. Saint-Malo vu par Chateaubriand change complètement de registre, avec des dates en chiffres au milieu d’une description de la mer.
Où lire le texte d’origine ?
Deux sources publiques permettent de vérifier chaque chiffre cité ici. L’Assemblée nationale retrace la Convention nationale et le calendrier républicain, avec les dates des décrets et le partage du travail entre Romme et Fabre d’Églantine. L’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides détaille la structure du calendrier républicain, l’heure de l’équinoxe pour l’observatoire de Paris et la date d’abandon du système. Adresses vérifiées le 16 août 2026.

