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Prose

Rêveries, la chambre pleine de fleurs

Jean-Jacques Rousseau publié en 1782 481 caractères facile

Quand de malheureuses lettres me forçoient de prendre la plume pour y répondre, j’empruntois en murmurant l’écritoire du receveur, et je me hâtois de la rendre, dans la vaine espérance de n’avoir plus besoin de la remprunter. Au lieu de ces tristes paperasses et de toute cette bouquinerie, j’emplissois ma chambre de fleurs et de foin, car j’étois alors dans ma première ferveur de botanique, pour laquelle le docteur d’Ivernois m’avoit inspiré un goût qui bientôt devint passion.

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À propos de ce texte

Dans cette page, Rousseau oppose la paperasse au plaisir de l’herbier. Le receveur de l’île lui prêtait une écritoire, détail qu’il note pour montrer combien il voulait s’éloigner de l’écriture. Les Rêveries se composent de dix promenades, la dixième étant restée interrompue. Le manuscrit est conservé à la Bibliothèque de Genève. Project Gutenberg en propose une transcription complète.

D’où vient ce texteDeux phrases, trente-neuf mots chacune, opposent la corvée du courrier au plaisir de remplir sa chambre de plantes. Le morceau appartient à la cinquième promenade et sert de transition entre la vie sociale et la botanique. L’édition mise en ligne conserve l’orthographe du dix-huitième siècle, avec des terminaisons verbales en ois et en oient que la langue actuelle écrit ais et aient. Le nom du docteur d’Ivernois est écrit avec sa majuscule après l’apostrophe, détail que la copie doit reproduire.

Ce qui passe inaperçuSix verbes du passage portent une terminaison ancienne en ois, oit ou oient : forçoient, empruntois, hâtois, emplissois, étois et avoit. L’orthographe actuelle les écrirait tous autrement. Source

Ce qu’il travailleDeux phrases de trente-neuf mots, sans dialogue ni coupure forte, donc un fragment qui mesure l’endurance plutôt que la pointe. Sept apostrophes s’y glissent, la plupart devant un verbe conjugué à la première personne, et l’une d’elles est immédiatement suivie d’une capitale dans d’Ivernois. La cédille ne sort qu’une fois, dans forçoient, sur une touche directe de la rangée haute. Trois voyelles différentes passent sous le même circonflexe, le â de hâtois, le û de goût et le ô de bientôt, ce qui fait travailler la touche morte avec trois lettres distinctes. Les terminaisons anciennes obligent enfin à taper contre l’habitude. Six virgules et deux points forment toute la ponctuation du morceau, si bien que la main ne trouve aucun repos visible entre les incises.

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Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Jeune garçon en habit brun penché sur des cartes à jouer posées au bord d’une table, Le Château de cartes, Jean-Baptiste-Siméon Chardin, 1740.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1782, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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