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Prose

Histoires naturelles, le goujon

Jules Renard publié en 1896 436 caractères facile

LE GOUJON Il remonte le courant d’eau vive et suit le chemin que tracent les cailloux : car il n’aime ni la vase, ni les herbes. Il aperçoit une bouteille couchée sur un lit de sable. Elle n’est pleine que d’eau. J’ai oublié à dessein d’y mettre une amorce. Le goujon tourne autour, cherche l’entrée et le voilà pris. Je ramène la bouteille et rejette le goujon. Plus haut, il entend du bruit. Loin de fuir, il s’approche, par curiosité.

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À propos de ce texte

Renard a passé une partie de son enfance dans la Nièvre, où il pêchait dans l’Yonne et ses affluents. Le goujon est un poisson de fond qui recherche les eaux vives et les graviers, ce que le texte note exactement. La notice se termine par un geste de curiosité et non de chasse. Les Histoires naturelles ont d’abord paru en revue avant le volume de 1896. Le texte complet se trouve sur Project Gutenberg.

D’où vient ce texteLe poisson remonte le courant, trouve une bouteille vide posée sur le sable, y entre et se laisse prendre, puis revient de lui-même vers le bruit. Huit phrases racontent la scène pas à pas, presque toutes construites sur un sujet et un verbe. La copie suit la transcription de Project Gutenberg, titre en capitales inclus. Aucune graphie ancienne n’y subsiste, mais le rapport entre le nombre de phrases et le nombre de mots est ici particulièrement serré, ce qui donne au passage sa marche saccadée.

Ce qui passe inaperçuL’unique deux-points du passage n’introduit pas une liste mais une explication. Il relie le chemin que suit le poisson entre les cailloux au fait qu’il n’aime ni la vase ni les herbes. Source

Ce qu’il travailleHuit apostrophes pour soixante-dix-neuf mots, soit à peu près une élision tous les dix mots, et le signe revient donc assez souvent pour que la main gauche prenne l’habitude sans avoir le temps de l’oublier. Aucun caractère ne demande de touche morte, ce qui écarte toute composition en deux temps et rend la mesure plus lisible. La cédille d’aperçoit reste seule de son espèce et sort d’une frappe directe sur la rangée haute de la disposition française. Huit phrases de moins de dix mots imposent enfin huit arrêts nets, avec la Majuscule du point puis la majuscule du mot suivant, deux gestes tenus coup sur coup. Quatre cent trente-six caractères et une ponctuation limitée à cinq virgules, huit points et ce deux-points unique. Le mot le plus long, s’approche, s’arrête à dix signes, ce qui reste modeste pour du français.

Sur notre blogApprendre la dactylographie, méthode et repères concrets

Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Vignette du texte Histoires naturelles, le goujon de Jules Renard, 1896
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Statut du domaine public : publié en 1896, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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