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Prose

Histoires naturelles, une famille d’arbres

Jules Renard publié en 1896 434 caractères difficile

UNE FAMILLE D’ARBRES C’est après avoir traversé une plaine brûlée de soleil que je les rencontre. Ils ne demeurent pas au bord de la route, à cause du bruit. Ils habitent les champs incultes, sur une source connue des oiseaux seuls. De loin, ils semblent impénétrables. Dès que j’approche, leurs troncs se desserrent. Ils m’accueillent avec prudence. Je peux me reposer, me rafraîchir, mais je devine qu’ils m’observent et se défient.

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À propos de ce texte

Ce texte ferme le recueil dans plusieurs éditions et prête aux arbres une vie de famille. Renard applique aux plantes le même procédé qu’aux bêtes, la notation brève et la comparaison inattendue. Le Journal de l’auteur, publié après sa mort, montre qu’il retravaillait longuement ces quelques lignes. Le recueil compte une soixantaine de notices selon les éditions. Project Gutenberg en propose le texte intégral.

D’où vient ce texteLe narrateur s’approche d’un groupe d’arbres et les décrit comme une famille méfiante qui l’observe. Sept phrases courtes se succèdent, chacune apportant un mouvement, la traversée, l’arrivée, l’écartement des troncs, la halte. La transcription utilisée place le titre en capitales au début de la première ligne, apostrophe comprise. La transcription ne comporte aucune abréviation ni aucun signe rare, ce qui laisse l’attention entièrement sur la longueur des mots et sur le retour régulier du point.

Ce qui passe inaperçuSept phrases se suivent et toutes se terminent par un point. Le passage n’emploie ni point d’interrogation, ni point d’exclamation, ni deux-points, et sa ponctuation se limite au point et à la virgule. Source

Ce qu’il travailleDix mots par phrase en moyenne, sept points en quatre cent trente-quatre caractères, et sur la disposition française chacun de ces points suppose la touche Majuscule maintenue pendant la frappe. L’exercice consiste donc à ne pas se crisper à l’approche du point, puisqu’il revient toutes les deux lignes. Trois mots commencent par une lettre unique suivie d’une apostrophe, j’approche, m’accueillent et m’observent, un dessin de main particulier où l’index gauche monte à la rangée des chiffres tout de suite après un doigt de la main droite. Deux voyelles se composent en deux temps, le û de brûlée et le î de rafraîchir. Six virgules et six apostrophes pour soixante et onze mots forment un jeu de pièces réduit, où l’irrégularité se remarque aussitôt. Le mot impénétrables étire treize lettres.

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Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Vignette du texte Histoires naturelles, une famille d’arbres de Jules Renard, 1896
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Statut du domaine public : publié en 1896, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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