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Prose

Histoires naturelles, la demoiselle et la pie

Jules Renard publié en 1896 480 caractères moyen

LA DEMOISELLE Elle soigne son ophtalmie. D’un bord à l’autre de la rivière, elle ne fait que tremper dans l’eau fraîche ses yeux gonflés. Et elle grésille, comme si elle volait à l’électricité. LA PIE Elle était toute noire ; mais elle a passé l’hiver dernier aux champs et il lui reste de la neige. L’ARAIGNÉE Une petite main poilue crispée sur des cheveux. LE PAPILLON Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleurs. LA GUÊPE Elle finira pourtant par abîmer sa taille !

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À propos de ce texte

Renard réduit parfois une notice à une seule phrase, comme pour le papillon comparé à un billet doux. Ces miniatures se lisent d’affilée et donnent au recueil son allure de carnet. Le mot demoiselle désigne ici la libellule, nom courant dans les campagnes françaises. Le livre a paru en 1896 chez Flammarion, puis en édition illustrée plus tard par Pierre Bonnard. Project Gutenberg propose le recueil entier.

D’où vient ce texteCinq notices se suivent dans un même bloc, la demoiselle, la pie, l’araignée, le papillon et la guêpe, chacune réduite à une ou deux phrases. Le mot demoiselle désigne la libellule. La copie de référence aligne les titres en capitales sans retour à la ligne, si bien que le passage alterne sans cesse entre lettres capitales et lettres ordinaires. Deux de ces titres portent un accent sur une capitale, ce que beaucoup d’impressions abandonnaient à l’époque et que cette transcription conserve.

Ce qui passe inaperçuLe mot demoiselle ne désigne pas ici une jeune femme mais la libellule, sens ancien que le texte emploie sans le signaler au lecteur. Source

Ce qu’il travailleCinquante lettres capitales pour quatre cent quatre-vingts caractères, soit un dixième du passage tapé la touche Majuscule enfoncée. Les capitales accentuées posent un problème que la disposition française ne résout pas d’elle-même, puisque le é et le à occupent la rangée des chiffres, où la Majuscule délivre un nombre au lieu d’une capitale. Il faut donc passer par le verrouillage ou par la touche morte pour obtenir le É et le Ê des deux titres concernés. Sept phrases se partagent quatre-vingt-cinq mots, avec six apostrophes internes et deux i circonflexes dans fraîche et abîmer. Le titre L’ARAIGNÉE cumule à lui seul capitale, apostrophe et accent dans dix signes. Rien n’annonce le passage aux capitales, puisque les titres tombent au fil du texte sans changement de ligne.

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Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Vignette du texte Histoires naturelles, la demoiselle et la pie de Jules Renard, 1896
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Statut du domaine public : publié en 1896, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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