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Contes et fables

Le Paon se plaignant à Junon

Jean de La Fontaine publié en 1668 290 caractères moyen

Le paon se plaignait à Junon. « Déesse, disait-il, ce n’est pas sans raison Que je me plains, que je murmure : Le chant dont vous m’avez fait don Déplaît à toute la nature ; Au lieu qu’un rossignol, chétive créature, Forme ses sons aussi doux qu’éclatants, Est lui seul l’honneur du printemps.

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À propos de ce texte

Le Paon se plaignant à Junon est la dix-septième fable du deuxième livre, paru dans le recueil de 1668. La Fontaine oppose le plumage du paon au chant du rossignol pour montrer que chaque espèce reçoit un don différent. Junon, épouse de Jupiter, avait le paon pour oiseau attribué dans la mythologie romaine. Le deuxième livre est disponible sur Project Gutenberg.

D’où vient ce texteHuit vers : le premier situe la scène en une ligne, les sept autres donnent la plainte de l’oiseau. Il tient son chant pour disgracieux, se dit déplaisant à toute la nature, et lui oppose la voix du rossignol, créature chétive mais seule maîtresse du printemps. Le discours part sur un guillemet ouvrant et court jusqu’à la fin de l’extrait sans jamais se refermer. Deux cent quatre-vingt-dix signes, cinquante mots, neuf capitales dont huit en attaque de vers, et deux phrases seulement, la seconde couvrant sept lignes. Le dernier mot, printemps, ferme la comparaison sans que la plainte soit résolue.

Ce qui passe inaperçuLa seule marque de dialogue à l’intérieur de la plainte est une incise de deux mots, disait-il, glissée entre deux virgules dès la première ligne. Aucun verbe n’annonce la parole avant elle, et aucun tiret ne marque la reprise. Source

Ce qu’il travailleSept lettres accentuées se prennent d’un seul appui, cinq é et deux à, et une seule passe par la touche morte, le î de Déplaît, qui ouvre un vers. Les cinq apostrophes sont droites et se logent toutes au milieu d’un mot, n’est, m’avez, qu’un, qu’éclatants, l’honneur. Le deux-points et le point-virgule sont soudés au mot qui les précède, sans l’espace de la composition française. Six virgules découpent des vers déjà courts : avec un peu plus de six mots par ligne, le retour à la ligne revient sans cesse. Le guillemet ouvrant, lui, est collé à la lettre suivante, troisième habitude à contredire. Sept signes de ponctuation différents cohabitent dans huit vers seulement.

Sur notre blogApprendre la dactylographie, méthode et repères concrets

Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Vignette du texte Le Paon se plaignant à Junon de Jean de La Fontaine, 1668
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Statut du domaine public : publié en 1668, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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