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Contes et fables

La Belle et la Bête, le marchand

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont publié en 1756 481 caractères facile

Il y avait une fois un marchand qui était extrêmement riche. Il avait six enfans, trois garçons et trois filles ; et, comme ce marchand était un homme d’esprit, il n’épargna rien pour l’éducation de ses enfants, et leur donna toutes sortes de maîtres. Ses filles étaient très-belles ; mais la cadette, sur-tout, se faisait admirer, et on ne l’appelait, quand elle était petite, que La belle enfant ; en sorte que le nom lui en resta ; ce qui donna beaucoup de jalousie à ses sœurs.

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À propos de ce texte

La Belle et la Bête a été publiée par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en 1756 dans son Magasin des enfants, sous une forme courte destinée à l’enseignement. Elle abrégeait un récit beaucoup plus long de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, paru en 1740. Leprince de Beaumont, gouvernante à Londres, écrivait ses contes pour les leçons données à ses élèves. Cette édition de 1806 est disponible sur Wikisource.

D’où vient ce texteLe conte commence par sa situation de départ : un marchand très riche, six enfants, trois garçons et trois filles, une éducation soignée confiée à des maîtres. La cadette y reçoit le surnom qui deviendra son nom, et la dernière proposition annonce déjà la jalousie des sœurs. Trois phrases seulement, mais très longues, la deuxième et la troisième dépassant chacune trente mots. Le tirage retenu date de 1806 et conserve la ponctuation et les traits d’union de son époque, sans les rapprocher de l’usage actuel. Quatre-vingt-trois mots, quatre cent quatre-vingt-un signes.

Ce qui passe inaperçuLe même récit écrit enfans, puis enfants une vingtaine de mots plus loin, à l’intérieur de la même phrase. Le mot revient encore au singulier peu après, si bien que trois formes voisines se croisent en trois lignes. Source

Ce qu’il travailleQuatre points-virgules, chacun précédé d’une espace, structurent les trois phrases : c’est un signe que l’on tape rarement et qui exige ici un rythme à trois temps, espace, signe, espace. Neuf virgules s’y ajoutent. Deux mots portent un trait d’union là où l’on écrit aujourd’hui autrement, sur-tout et très-belles, et il faut résister au réflexe de correction. Neuf lettres accentuées se prennent d’un seul appui, six é, une cédille, un è et un à ; deux passent par la touche morte, dans extrêmement et dans maîtres. Une lettre soudée, celle de sœurs, ferme un passage dont la dernière phrase dépasse quarante mots. Onze mots portent une lettre doublée, ce qui, sur quatre-vingt-trois, ramène souvent la double frappe du même doigt.

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Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Jeune garçon en habit brun penché sur des cartes à jouer posées au bord d’une table, Le Château de cartes, Jean-Baptiste-Siméon Chardin, 1740.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1756, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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