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Contes et fables

Le Lion et le Rat

Jean de La Fontaine publié en 1668 415 caractères facile

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : On a souvent besoin d’un plus petit que soi. De cette vérité deux fables feront foi, Tant la chose en preuves abonde. Entre les pattes d’un lion Un rat sortit de terre assez à l’étourdie. Le roi des animaux, en cette occasion, Montra ce qu’il était et lui donna la vie. Ce bienfait ne fut pas perdu. Quelqu’un aurait-il jamais cru Qu’un lion d’un rat eût affaire ?

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À propos de ce texte

Le Lion et le Rat est la onzième fable du deuxième livre, publié dans le recueil de 1668. La Fontaine place ici la morale avant le récit, procédé qu’il annonce en disant que deux fables vont en faire foi. La fable suivante, La Colombe et la Fourmi, forme avec elle un diptyque sur l’aide rendue par le plus petit. Le deuxième livre est disponible sur Project Gutenberg.

D’où vient ce texteLa morale vient d’abord, sur quatre vers : il faut obliger tout le monde, car on a souvent besoin d’un plus petit que soi. Le récit ne commence qu’ensuite, après une ligne blanche, avec le rat sorti de terre entre les pattes du lion et le roi des animaux qui lui laisse la vie. Douze lignes, dont une vide, et un enchaînement de phrases courtes qui tiennent souvent dans un seul vers. La dernière ligne pose une question restée en suspens, l’extrait s’arrêtant avant la réponse. Soixante-seize mots, quatre cent quinze signes.

Ce qui passe inaperçuLa forme eût, au dernier vers, porte un accent circonflexe et relève du subjonctif imparfait, temps que le français réserve aujourd’hui à l’écrit littéraire. C’est le seul accent composé du passage, tout le reste se tapant sans touche morte. Source

Ce qu’il travailleToutes droites, toutes soudées entre deux lettres, les huit apostrophes se répartissent sur soixante-seize mots : qu’on, d’un répété trois fois, l’étourdie, qu’il, Quelqu’un, Qu’un. Le même geste revient à un rythme qui finit par ressembler à une mesure, et l’erreur, quand elle arrive, porte sur la lettre qui précède et non sur le signe. Cinq lettres accentuées seulement, quatre é et un à, se prennent d’une touche unique. Le deux-points de la première ligne et le point d’interrogation final sont collés au mot précédent. Six phrases pour douze lignes : presque chaque vers finit sur une pause réelle, ce qui rend la copie plus douce qu’elle n’en a l’air. Quatre mots sur dix tiennent en trois lettres ou moins, ce qui multiplie les espaces entre des mots très brefs.

Sur notre blogApprendre la dactylographie, méthode et repères concrets

Le texte entier se lit à la source : Project Gutenberg

Vallée boisée avec un temple en ruine, une rivière et des moutons qui paissent, Paysage avec le repos pendant la fuite en Égypte, Claude Lorrain, 1666.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1668, il y a plus de 125 ans. domaine public, Project Gutenberg

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