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Contes et fables

Le Grillon

Jean-Pierre Claris de Florian publié en 1792 390 caractères moyen

Caché dans l’herbe fleurie, Regardait un papillon Voltigeant dans la prairie. L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs ; L’azur, le pourpre et l’or éclataient sur ses ailes ; Jeune, beau, petit-maître, il court de fleurs en fleurs, Prenant et quittant les plus belles. Ah ! disait le grillon, que son sort et le mien Sont différents ! Dame nature Pour lui fit tout, et pour moi rien.

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À propos de ce texte

Le Grillon appartient au deuxième livre des Fables de Florian, dont le premier recueil paraît en 1792. Florian, neveu par alliance de Voltaire, fut élu à l’Académie française en 1788 à trente-trois ans. Ses fables sont les plus lues en France après celles de La Fontaine, et plusieurs de ses vers sont passés en proverbe. Cette édition illustrée de 1838 est disponible sur Wikisource.

D’où vient ce texteDix vers ouvrent la fable : un grillon caché dans l’herbe regarde un papillon voltiger, détaille ses couleurs, l’azur, le pourpre et l’or, puis se plaint de son propre sort. L’extrait se coupe juste après la plainte, avant la suite qui la retournera. La mise en page suit des vers de longueurs inégales, et chaque ligne commence par une capitale même quand la phrase se poursuit. Trois cent quatre-vingt-dix signes sur dix lignes, soit moins de quarante signes par ligne, alors que la ponctuation reste celle de la prose.

Ce qui passe inaperçuAucun tiret n’annonce la parole du grillon. Elle est introduite au milieu d’un vers par une incise de trois mots, disait le grillon, qui n’a pas de virgule devant elle : l’interjection Ah et son point d’exclamation en tiennent lieu. Source

Ce qu’il travailleLa copie se fait ligne à ligne, donc avec dix retours à placer au bon endroit, et onze capitales dont la plupart n’ouvrent pas une phrase mais un vers : c’est l’inverse du réflexe habituel. Deux points d’exclamation et deux points-virgules sont chacun précédés d’une espace, quatre occasions de frapper la barre là où l’on ne frappe rien d’ordinaire. Les quatre lettres accentuées sont quatre é, à une touche ; un seul î, dans petit-maître, passe par la touche morte, et c’est aussi le seul mot composé. Huit virgules complètent le découpage, et la coupure de vers ne coïncide presque jamais avec la fin d’une phrase. Six signes de ponctuation différents cohabitent sur dix lignes, du point d’exclamation au trait d’union, et l’on en croise un presque à chaque vers.

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Le texte entier se lit à la source : Wikisource

Jeune garçon en tricorne taillant un crayon rouge, penché sur ses mains, tableau de Jean-Baptiste-Siméon Chardin, 1737.
Wikimedia Commons
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Statut du domaine public : publié en 1792, il y a plus de 125 ans. domaine public, Wikisource

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