La dactylographie aux concours, ce qui est réellement noté
Une épreuve de frappe se note sur deux colonnes, la vitesse en MPM et la justesse, et les valeurs exigées ne sont jamais universelles : elles figurent dans le règlement du concours ou de la sélection concernée, avec la durée, le barème, le matériel autorisé et la disposition de clavier, AZERTY ou autre. Cette lecture est la première étape utile, avant tout entraînement.
Où se trouvent les vraies exigences ?
Dans le texte de référence du recrutement, et nulle part ailleurs : avis d’ouverture, notice, règlement de l’épreuve. Six informations y décident de toute la préparation.
| Ce qu’il faut chercher | Pourquoi c’est décisif |
|---|---|
| la durée de l’épreuve | une épreuve courte et une épreuve longue ne se préparent pas de la même façon |
| le mode de calcul du score | brut ou net, l’écart entre les deux chiffres est loin d’être marginal |
| la tolérance de fautes | elle décide si vous devez corriger en route ou avancer |
| le correcteur orthographique, autorisé ou non | il change entièrement la stratégie de relecture |
| la disposition de clavier fournie | AZERTY français, belge ou autre, à savoir avant le jour de l’épreuve |
| la part de la mise en forme dans la note | elle dépasse souvent la part de la vitesse pure |
Deux administrations voisines peuvent retenir des règles différentes pour un métier presque identique. Un chiffre trouvé sur un forum ne remplace pas ce document, et une valeur périmée fausse toute la préparation. Si le texte de référence ne dit rien sur un point, le service organisateur répond en général à une question écrite, ce qui vaut mieux qu’une supposition.
Comment se déroule l’épreuve ?
Le déroulé varie, mais quelques éléments reviennent partout. Un texte imprimé ou affiché, une durée fixée, un logiciel de traitement de texte, et un résultat évalué sur la production finale plutôt que sur l’aisance apparente du candidat.
Beaucoup d’épreuves ne se limitent pas à recopier. Elles demandent aussi une mise en forme : en-tête de courrier, alinéas, énumérations, coordonnées, parfois un tableau simple. La frappe pure ne représente alors qu’une partie de la note, et le reste tient à la lecture des consignes et à la propreté du document remis.
Une variante fréquente consiste à saisir des données dans des champs, avec passage au champ suivant par Tabulation. Le rythme y est complètement différent, plus proche de celui décrit dans le test du pavé numérique que d’une page de prose.
Qu’est-ce qui compte à côté de la vitesse ?
La justesse pèse souvent plus lourd que la cadence, parce qu’un document administratif fautif doit être repris. Un barème qui retire des points par erreur non corrigée met mécaniquement une frappe régulière devant une frappe rapide et approximative. Quatre familles de fautes reviennent dans les copies.
| Famille de faute | Où elle se voit | Ce qui la corrige |
|---|---|---|
| accents manquants sur les majuscules | en-têtes, noms propres, titres | les touches mortes, et le code Alt pour É et Ç |
| espaces de ponctuation | devant les deux-points et le point-virgule | une relecture ciblée sur la seule ponctuation |
| inversion de chiffres | montants, références, dates | la saisie au pavé numérique, ancrée sur l’ergot du 5 |
| consigne de mise en page non suivie | le document entier | la lecture des consignes avant de poser les mains |
Les deux premières se travaillent avec les touches mortes et les accents, et la difficulté française y est précise : la touche morte de l’accent grave donne À et È directement, alors que É et Ç en majuscule n’ont aucun chemin par touche morte et passent par un code numérique. La dernière famille, la moins technique, est souvent la plus décisive : un texte parfaitement tapé mais mis en page autrement que demandé perd des points qu’aucune vitesse ne rattrape.
Comment se préparer sans se mettre sous pression ?
Trois axes suffisent, et ils se travaillent séparément.
- La frappe continue, sur des textes que vous n’avez jamais vus, pour que la vitesse mesurée soit la vôtre et non celle d’un passage appris.
- La mise en forme, sur un traitement de texte, avec des modèles de courrier administratif que l’on refait jusqu’à ce que les raccourcis viennent seuls.
- La saisie en champs, avec Tabulation et Entrée, pour habituer l’auriculaire et le pouce à la cadence des formulaires.
Des séances courtes et régulières valent mieux qu’une longue veille d’épreuve, l’automatisation se consolidant entre les séances. La méthode de base, position des mains et attribution des doigts, est détaillée dans apprendre la dactylographie.
Pourquoi s’entraîner sur de la littérature ?
Un texte littéraire semble éloigné d’une note de service, et il entraîne pourtant les mêmes gestes. Ce qui se travaille, c’est la trajectoire des doigts, la lecture en avance de quelques mots, la reprise après une faute et la ponctuation française avec ses apostrophes, ses virgules et ses accents. Aucun de ces éléments ne change quand le contenu devient administratif.
Un texte juridique ou institutionnel ajoute deux choses utiles : des phrases longues à ponctuation lourde, et un vocabulaire où l’on ne peut pas devancer la fin du mot par habitude. Alterner les deux registres donne une préparation plus honnête qu’un entraînement sur un seul type de passage, et le test de frappe propose les deux dans la même bibliothèque.
Quand cette préparation ne sert à rien
Si le règlement ne prévoit aucune épreuve de frappe, ne préparez rien. Beaucoup de recrutements administratifs testent la rédaction, la note de synthèse ou la connaissance des textes, et la vitesse au clavier n’y apparaît nulle part.
Si l’épreuve autorise le correcteur orthographique et note surtout la mise en page, l’entraînement à la vitesse est un mauvais placement. Une heure sur les styles, les tabulations et les en-têtes rapporte davantage que dix heures de frappe continue.
Et si vous êtes déjà au-dessus du seuil indiqué par le règlement, arrêtez de vous mesurer. Gagner dix mots par minute au-dessus d’une exigence déjà satisfaite ne rapporte aucun point, alors qu’une faute d’accent dans un en-tête en coûte.
Pour qui, et par quoi commencer
Oui, préparez-vous si le règlement mentionne une épreuve de frappe ou de saisie, si vous visez un poste de secrétariat, de greffe ou de gestion administrative, ou si l’annonce cite un chiffre en frappes par heure.
Non, ne vous fiez à aucun seuil trouvé ailleurs que dans le document du concours. La question du document remis à un employeur relève d’un autre sujet, traité dans le certificat de dactylographie: pour un concours, c’est le règlement qui fait foi, pas une attestation obtenue ailleurs.
Par quoi commencer : imprimez le règlement, surlignez les six lignes du premier tableau, et ne touchez pas au clavier avant de les avoir toutes trouvées. C’est la demi-heure la plus rentable de la préparation.
FAQ
Quelle vitesse de frappe faut-il pour un concours administratif ?
Aucune valeur ne vaut pour tous. Le seuil, la durée et le mode de calcul figurent dans le règlement de l’épreuve concernée, et deux administrations voisines peuvent exiger des chiffres différents pour un poste comparable.
L’épreuve consiste-t-elle seulement à recopier un texte ?
Rarement. La plupart des épreuves ajoutent une mise en forme, en-tête, alinéas, énumérations, parfois un tableau, et cette partie pèse souvent plus lourd dans la note que la vitesse de frappe elle-même.
Les fautes comptent-elles plus que la vitesse ?
Le plus souvent oui, parce qu’un document administratif fautif doit être repris. Un barème qui retire des points par erreur non corrigée place mécaniquement une frappe régulière devant une frappe rapide et approximative.
Comment taper É en majuscule pendant une épreuve ?
Par le code Alt 0201 au pavé numérique, ou par la bascule de casse du traitement de texte. La disposition française n’a pas de touche morte pour l’accent aigu, contrairement à l’accent grave qui donne À et È directement.
Sur quels textes s’entraîner pour un concours ?
Sur des textes jamais vus, en alternant prose littéraire et textes juridiques. Les seconds apportent des phrases longues à ponctuation lourde et un vocabulaire qu’on ne peut pas anticiper, ce qui rapproche des conditions réelles.
Un texte pour commencer la préparation
Pour commencer par un texte à sa place dans une préparation administrative, l’article VI de la Déclaration de 1789, adoptée par l’Assemblée nationale, ouvre les emplois publics à tous les citoyens selon leurs vertus et leurs talents : soixante-dix mots, une ponctuation exigeante, et la formule que les concours de la fonction publique reprennent depuis.
